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  • «j’ai eu ma chance à Reims et je n’ai pas su la saisir. Finalement, j’ai trouvé une autre chance»

    «j’ai eu ma chance à Reims et je n’ai pas su la saisir. Finalement, j’ai trouvé une autre chance»

    Indépendant depuis 2006 et sa scission avec la Serbie, le Monténégro est un petit pays du football même si la sélection entend grandir. Cette dernière aura notamment connu les barrages de l’Euro 2012 et s’est affirmée comme une nation poil à gratter en Europe. Pour ce qui est du championnat, c’est plus compliqué puisqu’il est 53e sur 55 en Europe et seuls Gibraltar et Saint-Marin sont moins bien classés au coefficient UEFA. Avec peu de moyens, ce petit pays des Balkans reste néanmoins un territoire passionné par le football où Stevan Savic (Atlético de Madrid), Adam Marusic (Lazio) ou encore Stevan Jovetic (Olympiakos) ont grandi. C’est en plein cœur du territoire, à Nikšić, que Yanis Beghdadi a décidé de lancer sa carrière professionnelle. Interrogé par nos soins, il savoure cette étape essentielle pour lui : «je me sens bien, j’ai signé professionnel. C’est un peu dur par rapport à la langue, mais je me sens bien et j’ai déjà atteint quelques objectifs. Le premier objectif c’était de signer professionnel, un rêve depuis tout petit qui est atteint. Le second objectif que j’avais, c’était de faire mes débuts en professionnel, puis un autre objectif, c’était d’être titulaire, ce que j’ai pu faire ce week-end.»

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    Des débuts parfaits pour l’ailier gauche qui monte en puissance avec deux premières entrées en jeu puis une titularisation avant la trêve internationale. Arrivé sur la pointe des pieds, Yanis Beghdadi est en train de s’affirmer avec sa nouvelle équipe : «mon agent connaissait le président du club, le président a donc vite été mis au courant de mes qualités et me connaissait déjà. Ils m’ont proposé un essai. J’ai pu montrer ce que je valais. Suite à cela, le président et le coach de l’équipe première m’ont proposé un contrat professionnel. Au niveau de l’équipe, cela s’est bien passé. Quand je suis arrivé, j’ai visité le club avec un autre joueur français, ce qui m’a permis de mieux m’intégrer à l’équipe. Quand j’ai signé mon contrat, les joueurs m’ont pris sous leur aile comme un petit frère vu que je suis le plus jeune du groupe. Ils m’aident à m’épanouir.» A l’aise et rencontrant un football très physique, il tire son épingle du jeu grâce à son technique même s’il a connu une préparation accélérée de par sa signature tardive.

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    Une acclimatation rapide

    Jouer à 19 ans au Monténégro et y découvrir le football professionnel, c’est vrai que ce n’est pas commun, mais Yanis Beghdadi n’a pas eu peur de faire ce choix et peut compter sur un bon accompagnement depuis son arrivée : «Il y a un grand décalage sur les infrastructures. C’est normal, le Monténégro est moins avancé en termes de football que la France. Ils ont moins d’argent aussi. Après ça me convient bien, que ce soit le terrain d’entraînement ou le stade. C’est différent qu’en France, mais largement suffisant pour pouvoir travailler. C’est vrai que c’est un choc parce que forcément je pars de mon pays et j’arrive dans un endroit où je dois apprendre une nouvelle langue. Mon agent m’a mis dans de très bonnes conditions. Il a réussi à me trouver un appartement et à négocier plusieurs choses avec le club, dont un professionnel qui m’apprend la langue chaque jour. C’est un gain de maturité, c’est dans ma mentalité, je suis prêt à faire des sacrifices pour réussir.» Acharné de travail, il nous explique qu’il redouble d’efforts à l’entraînement. Signant le 1er août dernier avec le Sutjeska Nikšić et se retrouvant en retard au niveau de sa préparation, il a débuté la saison le 27 septembre dernier à l’occasion de la 10e journée de championnat. Il a donc eu besoin de temps et surtout d’assimiler la découverte du monde professionnel.

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    «J’ai eu la chance de jouer avec les jeunes en France, mais sans connaître le monde senior. D’arriver directement en professionnel, je sens que physiquement c’est un peu compliqué. Je suis petit et quand on tombe majoritairement sur des joueurs qui font plus d’1m80/1m85 et qui sont déjà des hommes, c’est dur de s’imposer physiquement» nous a-t-il déclaré. Pour autant, s’il est satisfait de ses débuts sur le plan individuel, il a du mal à accepter les résultats de son équipe. Vice-champion du Monténégro la saison dernière et deuxième club le plus titre avec 5 sacres (6 pour le Buducnost Podgorica), le Sutjeska Nikšić pointe seulement au 4e rang après 13 journées et compte 10 points de retard sur le leader, le Dečić Tuzi : «le début de championnat est moyen. On peut avoir une meilleure place au classement avec les qualités de l’équipe. Le coach essaye des choses pour trouver la solution. Au vu de nos qualités, on vise la première place pour pouvoir atteindre l’Europe l’année prochaine. C’est une ambition du club d’atteindre l’Europe et de faire un joli parcours. Cette année on a échoué juste avant que j’arrive au club (le FK Sutjeska Nikšić a été éliminé par Santa Coloma 2-0/0-3 au deuxième tour de qualification de la Ligue Europa Conference ndlr).»

    Viré du Stade de Reims

    Ailier créatif et d’instinct qui apprécie le un contre un, Yanis Beghdadi s’appuie sur sa vitesse et sa percussion pour se distinguer sur le terrain. Prenant pour modèle Jeremy Doku (Manchester City), il s’identifie aussi à Ilan Kebbal (Paris FC). Un joueur avec qui il partage certains points : «on a des choses en commun. Il a été viré du centre de formation de Bordeaux. J’ai été viré du centre de formation de Reims. Après on a eu du mal à rebondir, donc on a un peu le même parcours. Pour l’avoir connu et joué avec lui au Stade de Reims, je trouve que c’est un modèle. Dans sa mentalité je m’y retrouve beaucoup.», Car oui si aujourd’hui Yanis Beghdadi a pu lancer sa carrière professionnelle, cela n’a pas été si simple dans son parcours. Pourtant tout démarrait bien au début : «dans les catégories jeunes de Reims, j’ai toujours été surclassé d’une ou de deux catégories. En U15, j’ai pu participer au stage de Clairefontaine pour l’équipe de France. Reims m’a proposé un contrat de trois ans comme aspirant professionnel. La première année s’est bien passée, car j’ai été tout le temps surclassé. J’étais en U16 et j’ai évolué avec les U17 nationaux et parfois avec les U18 R1. La deuxième année ça a été plus difficile pour moi.»

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    Une situation personnelle qui s’est compliquée pour Yanis Beghdadi et la raison n’était pas vraiment sur le plan du terrain, mais plutôt sur les bancs de l’école : «j’étais un élève très perturbateur. Je n’aimais pas du tout l’école. En classe je travaillais peu et je faisais des bêtises. La deuxième année, cela s’est amplifié et j’ai continué à faire des bêtises malgré le rappel à l’ordre du directeur du centre de formation. En fin d’année, j’ai fait une très grosse bêtise à l’école et cela a coûté ma place au centre de formation.» Encore un enfant à l’époque, le droitier a évidemment eu le temps d’y repenser et regrette désormais la tournure des évènements : «j’avais une place de privilégié à Reims, le fait de ne pas avoir eu cette maturité de me dire ça, je le regrette aujourd’hui. Le passage à Reims ne m’aurait pas garanti de signer professionnel aujourd’hui, mais oui quand je vois l’opportunité que j’avais et ma chance à l’époque, je regrette fortement.»

    Un rebond qui a mis du temps à venir

    Se retrouvant sans rien à la sortie du Stade de Reims, Yanis Beghdadi a été ensuite confronté à de grandes difficultés : «derrière ça a été compliqué, j’avais un pseudo agent qui m’avait promis plusieurs choses. Quand j’ai quitté Reims, j’avais selon lui plusieurs clubs qui me voulaient, mais forcément c’était faux. On avait espéré pour rien. Finalement, j’ai rencontré un agent sur Marseille qui m’avait proposé d’aller à Air Bel pour me remettre en jambes.» Dans ce club de Marseille réputé pour sortir de bons joueurs comme Zinedine Machach, Yoan Cardinale, Lamine Gassama, Steven Fortes, Oumar Gonzalez ou encore Naouirou Ahamada, Yanis Beghdadi aurait pu se relancer, mais cela ne s’est pas passé comme prévu : «au début, j’étais très mal mentalement. Je suis passé d’un statut où j’étais parmi les meilleurs du centre de formation de Reims, donc j’avais des privilèges, à celui du monde amateur. Il y avait une différence de niveau à l’entraînement ou en match. Cela se ressentait sur le terrain aussi, je n’arrivais pas à avoir un bon niveau et à me mettre dedans. La première année comme la deuxième année cela a été difficile à Air Bel. Étant donné que c’était un club amateur, je n’avais pas le même accompagnement qu’à Reims, ce qui est logique.»

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    Mentalement atteint par cet épisode, Yanis Beghdadi a finalement pu se relever grâce à une rencontre : «forcément, il y a des moments où je me disais que j’avais eu ma chance à Reims et que je n’ai pas su la saisir. Peut-être que j’ai loupé ma chance de réaliser mon rêve. Finalement, j’ai trouvé une autre chance en rencontrant mon agent actuel.» Pourtant, cela a mis du temps, car Yanis Beghdadi ne se sentait pas prêt pour tenter l’expérience à l’étranger en raison de son âge, mais finalement, lors de sa deuxième année à Air-Bel, il a conclu avec son père qu’il fallait mieux partir pour enfin lancer sa carrière de footballeur : «j’avais un dossier lourd en France de par mon renvoi du centre de formation de Reims. Je jouais peu en plus à Air Bel en plus. J’avais peu de référence sur les deux dernières années. Je n’avais que deux matches en U19 nationaux l’an dernier. Je suis resté sur le banc le reste du temps. Forcément suite à cette saison mon père m’a dit que ce serait mieux que je parte dans un autre pays pour me reconstruire sur le plan du football. Retrouver mon niveau, retravailler comme avant à Reims pour réaliser mon plus grand rêve. A partir de ce moment, mon agent m’a dit qu’il se battrait pour moi pour trouver un club. J’adore travailler, je passe mon temps à l’entraînement. Il y a une part de motivation où je travaille pour moi, mais aussi pour lui.»

    Yanis Beghdadi entend prouver

    Désormais rivé sur sa saison avec le Sutjeska Nikšić, Yanis Beghdadi est satisfait de ses premières de travail et apprécie déjà les retours qu’il a reçus sur ses performances : «je savais que j’allais démarrer avec les U19. J’ai su rapidement m’adapter. Quand les gens venaient me voir, ils étaient surpris et impressionnés de mon niveau avec l’équipe. Suite à cela, j’ai intégré les professionnels et j’ai disputé une dizaine de minutes lors de mes deux premiers matches. Ce week-end lors de la rencontre contre l’Arsenal Tivat (1-1), j’ai eu droit à ma première titularisation en professionnel. Ça fait plaisir d’entendre des louanges de la part des supporters, car cela veut dire que mon travail paye.» Prenant doucement sa place dans son équipe, Yanis Beghdadi n’entend pas se mettre de limites et a des objectifs bien précis pour la suite.

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    «À court terme, j’aimerais être titulaire indiscutable, marquer mon premier but, continuer de bien jouer. Au vu de ma personnalité, j’aime plus faire la passe décisive. Mon père se demande pourquoi, mais je préfère faire la passe que tirer. À moyen terme, j’aimerais enchaîner les matches et atteindre si possible 5 buts et 5 passes décisives, un des objectifs que j’ai fixés avec mon agent. À long terme, je ne me fixe pas de limite, peut-être réintégrer la sélection algérienne chez les jeunes et si possible disputer un jour une Coupe du monde avec mon pays» nous a-t-il glissé. Cela est déjà arrivé avec une première réalisation face au FK Jedinstvo Bijelo Polje (2-0) la semaine dernière. Adepte des championnats anglais et espagnol, Yanis Beghdadi s’amuse pour le moment au Monténégro où il a pris un pari risqué, mais qui pour le moment se passe parfaitement.

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  • « j’ai toujours eu un leadership naturel en moi ! »

    « j’ai toujours eu un leadership naturel en moi ! »

    Dans un milieu réputé pour laisser beaucoup de rêveurs sur le bord de la route, Arouna Sangante a su tisser sa toile avec méthode et application pour aller toucher son rêve : devenir footballeur professionnel. Pur produit du HAC comme Paul Pogba ou Steve Mandanda avant lui, le jeune défenseur sénégalo-bissau-guinéen a connu l’ascenseur social dans son club formateur, où il est aujourd’hui capitaine à seulement 21 ans. «C’est un jeune qui a du charisme et un vrai leadership par certains côtés, malgré son âge. C’est une des caractéristiques, mais pas la seule. Il a aussi répondu présent dans beaucoup de moments difficiles. Et puis il représente les valeurs du groupe comme du club. C’est sur ça que se fondent les éléments : l’exemple de la culture club», confiait, à ce titre, récemment Luka Elsner.

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    Une précocité et une autorité naturelle qui font d’ailleurs de lui le plus jeune capitaine de notre championnat cette saison. «Le brassard ne génère rien d’autre s’il n’est pas accompagné d’une autorité acquise. Ce n’est pas un grade que l’on donne», ajoutait, malgré tout, le coach des Ciel et Marine, pour qui il constitue un relais majeur dans le groupe. Pourtant pas rompu aux exercices médiatiques et aux entretiens face caméra, c’est dans un climat de confiance que s’est livré Arouna Sangante pour Foot Mercato. Souriant et attachant, le capitaine normand nous a reçu au centre d’entraînement du club, dans le bureau de ses team managers, spécialement aménagé pour l’occasion. Ce qu’il a d’ailleurs fait chaleureusement, malgré une séance d’entraînement réfrigérante dans les jambes quelques instants plus tôt.

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    Foot Mercato : avant de revenir sur votre actualité, est-ce que vous pouvez nous parler un peu de votre parcours et de vos premiers pas dans le football ?

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    Arouna Sangante : mes premiers pas dans le football se sont fait à l’âge de 11 ans du côté de Saint-Denis, avant cela j’avais commencé par le rugby, j’ai joué pendant deux années et puis j’ai eu envie de me lancer dans le football. J’ai commencé en région parisienne au Cosmos Saint Denis, un club de région parisienne. C’est là-bas que j’ai fait mes débuts pendant deux années. Une première expérience qui m’a d’ailleurs permis de gagner la coupe départementale avec mes coéquipiers au Stade de France. Dans la foulée de ce sacre, je suis parti au Red Star. J’ai continué ma progression et le Red Star, où j’ai passé deux ans aussi, m’a permis de signer au Havre.

    FM : vous êtes formée à la Cavée, la formation havraise est historiquement louée. Pouvez-vous nous en parler ? Comment expliquer cette force et l’ascension de nombreux talents dans la région havraise ?

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    AS : Le Havre se distingue par son excellente formation, à la Cavée. Je l’ai vu par le passé aussi avec de nombreux joueurs qui sont passés par le club et aujourd’hui, la dynamique se poursuit. Pour moi, c’était une très belle expérience. L’ascension des talents dans la région havraise ? Je pense que c’est beaucoup lié à la manière dont on nous brief, au quotidien, la façon dont on nous entoure, comment on nous accompagne que ce soit scolairement ou sportivement.

    FM : quand vous voyez Saël Kumbedi ou Isaak Touré, deux purs produits du club comme vous, signer à l’OL et l’OM, qu’est-ce que cela vous procure ?

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    AS : c’est valorisant, ça montre que ça travaille bien au Havre, ça montre aussi qu’il y a un vrai potentiel chez les jeunes et beaucoup de choses à développer en eux. C’est une reconnaissance pour le club.

    Arouna Sangante, le plus jeune capitaine de Ligue 1 !

    FM : vous avez récemment prolongé votre aventure avec les Ciel et Marine jusqu’en juin 2026, comment avez-vous accueilli cette nouvelle ? C’était votre volonté depuis le départ de découvrir la Ligue 1 avec votre club formateur ?

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    AS : c’était un objectif que je m’étais fixé dès le départ, oui. Ma première ambition était d’engranger les matches, week-end après week-end. Dès que le club a fait cette approche vers moi, pour moi c’était inévitable, je devais le faire et franchement j’en suis content aujourd’hui.

    FM : Foot Mercato justement était présent au Stade Océane en début de saison pour la présentation des maillots et quelques jours après votre prolongation, vous aviez été chaudement salué par le public. Pouvez-vous nous parler de ce stade, de cette ambiance et de ce qu’apportent les fans Ciel et Marine ?

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    AS : c’était émouvant parce qu’on sortait d’une saison où on avait tout donné avec l’accession à la Ligue 1 au bout et de revoir et retrouver nos supporters, le stade et cette ambiance, c’était un moment magnifique. Il nous pousse continuellement et c’est un vrai plus pour nous.

    FM : aujourd’hui, vous êtes âgé de 21 ans et déjà capitaine du HAC, le plus jeune de notre championnat, comment gérez-vous cette pression et ce statut aussi important ? Qu’est-ce que vous vous êtes dit au moment où Lukas Elsner vous a mis au fait de sa volonté de faire de vous son capitaine ?

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    AS : j’essaie de gérer ce statut de la meilleure des façons. Il faut rester serein. Après si j’ai été désigné capitaine par le staff et les joueurs, parce que c’est pas que le staff, il faut aussi que les coéquipiers t’acceptent en tant que capitaine. Il faut accepter les responsabilités, je suis aidé au quotidien par plusieurs membres du club, je ne suis pas seul, je suis accompagné et ça me permet aussi de gérer au mieux ce rôle. Luka Elsner m’avait déjà préparé auparavant. La saison dernière, lorsque Victor Lekhal était le capitaine du HAC, il me préparait déjà pour les années futures. Aujourd’hui, ce rôle est là et je suis content de l’endosser.

    FM : comment expliquez-vous cette précocité et cette faculté à sortir du lot malgré votre expérience relative ?

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    AS : j’ai toujours eu un leadership naturel, je crois que j’ai toujours eu ce leadership en moi, j’ai beaucoup été dans cette fonction de leader en étant plus jeune et ça se poursuit aujourd’hui. C’est dans la continuité.

    FM : pour nos lecteurs, on va aussi parler de votre profil. Droitier, 1m83 et donc pilier de cette défense, quelles sont selon vous vos forces ? Avez-vous des références à ce poste ?

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    AS : des forces en tant que joueur ? Malgré ma taille, je suis bon dans les airs et devant moi, le jeu au sol. J’ai une très bonne relance et je vais assez vite pour un défenseur central. Concernant mes modèles, je regarde beaucoup Antonio Rudiger, je regarde beaucoup ce joueur-là, c’est un style qui me plaît. Après chacun est comme il est mais c’est un style qui m’inspire. Ce qui me plaît chez lui, c’est que c’est un défenseur qui harcèle l’adversaire, il ne s’arrête jamais et il joue dur sans jamais faire trop de fautes. Il peut faire des fautes mais elles sont souvent faites de manière intelligente (rires) et franchement c’est top de voir ça.

    FM : dans la continuité de la précédente question, si vous deviez mentionner quelques axes d’améliorations, quels seraient-ils ?

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    AS : on a toujours des axes d’amélioration, tout au long d’une carrière. Me concernant, je pense que c’est ma maîtrise des émotions, souvent, c’est ça qui va me faire défaut et qui peut changer mon match donc il faut que je progresse sur cet aspect-là.

    «La Ligue 1 ? On a payé certaines choses sur la moindre erreur mais c’est comme ça, c’est le haut niveau !»

    FM : sur le plan collectif, le HAC a donc fait son retour dans l’élite du football français. Un événement historique pour le club, avant de revenir sur ses premières journées en L1, pouvez-vous nous raconter l’épopée des Ciel et Marine la saison dernière ? Comment avez-vous vécu cette saison de L2, qu’est-ce qui faisait selon vous la force du HAC ?

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    AS : la saison dernière, notre équipe roulait plutôt bien, c’est un groupe qui s’est formé petit à petit. Après il y a eu des départs malheureusement mais si on prend l’année dernière et cette année, on a des valeurs communes qu’on commence à retrouver. Notre valeur principale est de ne jamais rien lâcher, on a des mecs qui se donnent sur tous les ballons, vraiment sur tous les ballons. Chaque gars se bat pour l’erreur de l’autre et c’est ça que je kiffe dans ce groupe.

    FM : jusqu’à présent, quel est le joueur qui vous a le plus impressionné parmi vos coéquipiers ?

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    AS : tout le monde est bon dans ce groupe mais Oussama Targhalline est un joueur que j’apprécie particulièrement. C’est un joueur qui est 8 ou 6 et malgré son profil, on ne le voit pas comme ça mais c’est un élément qui est important dans notre collectif. C’est un joueur qui récupère beaucoup de ballons, qui a une justesse technique et il a une bonne vista aussi.

    FM : après quelques semaines passées en L1, pouvez-vous nous décrire cette expérience ? Quelles sont les principales nouveautés pour vous par rapport à la saison dernière ?

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    AS : La Ligue 1 ? Déjà ça change de la Ligue 2, c’est complétement différent sur l’intensité, sur la justesse technique. On l’a vu à travers nos premières rencontres, on a payé certaines choses sur la moindre erreur mais c’est comme ça, c’est le haut niveau. Maintenant, c’est à nous de nous adapter le plus rapidement possible mais globalement sur nos débuts en L1 je suis content. Je suis satisfait de notre classement et on va essayer de continuer comme ça.

    FM : comment jugez-vous votre adaptation à la L1 ?

    AS : ma trajectoire personnelle en L1 est de mieux en mieux, ça a été compliqué sur les premiers matches mais c’est de mieux en mieux. Après je pense qu’il y a encore beaucoup à faire, le chemin est encore long.

    FM : Mathieu Bodmer faisait état d’une réelle différence au niveau des transitions entre la Ligue 2 et la Ligue 1, est-ce que vous confirmez cette sensation de pouvoir se faire transpercer à n’importe quel moment cette saison ?

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    AS : le risque de se faire transpercer est réel, oui. Honnêtement, à n’importe quel moment, franchement il faut être prêt sur tout. Il faut être constamment vigilant mais même en étant vigilant, parfois tu as une petite faille qui va s’ouvrir donc c’est là où on a vraiment vu le changement. Pour prendre un exemple, l’année passée, sur certaines actions où on commettait une erreur et où on ne pouvait pas rattraper notre erreur, bah au final les mecs rataient. Cette saison, ce n’est pas la même chanson. Dès qu’ils arrivent dans la surface ou même en dehors, tu peux prendre une lunette de nulle part, c’est incroyable.

    «Amine Harit ? C’est le joueur qui m’a le plus impressionné !»

    FM : en Ligue 1, quel est le joueur qui vous a le plus choqué depuis le début de la saison ?

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    AS : dans toutes les équipes qu’on a jouées jusqu’à présent, il y a à chaque fois un très bon joueur, voire plusieurs. Après, honnêtement, celui qui m’a impressionné, je dirais que c’est Amine Harit. Harit oui, avec ses dépassements de fonction, sa qualité de dernière passe et tout ce qui en suit, c’est un très bon joueur. Après, je n’ai pas encore vu le reste (rires).

    FM : aujourd’hui, qu’est ce qui fait la force du HAC ?

    AS : comme je vous ai dis au tout début, le HAC c’est une âme. Ce sont des joueurs qui donnent tout, vraiment tout. Que ce soit les joueurs ou le staff, on travaille comme ça à l’entraînement, ça fait vraiment partie d’une culture.

    FM : pouvez-vous nous parler un peu de votre coach Luka Elsner ? Comment il vous accompagne dans ce début de carrière ? Une relation particulière ?

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    AS : particulière, non après on est assez proche, on communique. Luka Elsner, quand il est arrivé, il m’a beaucoup choqué car auparavant je n’avais jamais encore eu de coach comme ça. C’est un coach qui a toujours les bons mots, qui a les mots justes et qui sait donner de la confiance aux joueurs Il sait s’appuyer sur nos forces, c’est un très bon manager. Nos qualités d’entraînement sont bonnes, son staff est bon. Franchement, je n’ai rien à dire sur ça. Si je suis son relais majeur ? Oui, il le faut.

    FM : pouvez-vous également nous parler de votre place dans le groupe havrais ? Je crois savoir que vous avez une relation assez complice avec Yassine Kechta notamment, pouvez-vous nous en parler ?

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    AS : Yassine Kechta, c’est un coéquipier mais c’est aussi un frère. C’est un frère dans la vie extérieure, je suis tous les jours au téléphone avec lui même si on se voit quasiment toute la journée ici, ça ne change rien. C’est un garçon que je kiffe et un très bon joueur. Yassine Kechta, c’est un joueur important dans notre collectif car c’est celui qui arrive le plus à porter le ballon. Il a cette capacité à amener le ballon dans les derniers mètres adverses et ça nous facilite beaucoup les choses. La CAN pour lui début 2024 ? Je l’espère pour lui, je l’espère vraiment pour lui.

    Objectif CAN !

    FM : vous êtes une valeur montante à votre poste, loué pour vos qualités athlétiques, si on se projette un peu, quelles sont vos ambitions pour la suite de votre carrière ?

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    AS : à vrai dire, je ne me suis pas encore projeté, pour l’instant je suis bien où je suis aujourd’hui. J’ai fait la montée avec mon club et aujourd’hui mon objectif est de me maintenir avec mon club et aussi d’aller le plus loin en Coupe de France parce qu’on sait très bien que si tu vas loin dans cette compétition, il y a plusieurs choses qui peuvent s’ouvrir. En regardant Toulouse, ils sortent de nulle part et au final ils jouent l’Europe, c’est incroyable et on aimerait forcément faire ça aussi. La Coupe de France est donc un objectif ? Oui, il faut aller le plus loin possible quoi qu’il arrive.

    FM : pour terminer, on va parler un peu de la sélection. Vous avez la double nationalité (Sénégal et Guinée-Bissau), avez-vous déjà réfléchi à cette question et auriez vous une préférence pour votre futur ?

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    AS : entre le Sénégal et la Guinée-Bissau, je n’ai pas vraiment de préférence, je vais voir les choses comme elles se présenteront. Ça dépendra aussi beaucoup de moi, de mes performances, de mon état et des solutions qui s’offriront à moi. Après, ce que je peux dire, c’est que pour la sélection, je n’ai pas encore fait mon choix.

    FM : en septembre, Aliou Cissé avait confié qu’il avait privilégié d’autres profils au vôtre car il vous connaissait déjà. Il avait ajouté que vous pourriez être appelé en octobre, ce qui n’a finalement pas été le cas. Comment avez-vous accueilli cette non-convocation ?

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    AS : je ne lui en veux pas, Aliou Cissé est le sélectionneur, il fait ses choix et je me suis dit que si aujourd’hui je n’y suis pas, c’est que j’ai encore beaucoup de choses à travailler et c’est ce que je vais continuer à faire, avec détermination et après ça on verra si les choses vont changer. Si j’échange avec le sélectionneur ? Non pas du tout, j’échange un peu avec ceux des U23 mais ils ne sont pas en relation avec ceux d’en haut, c’est un peu compliqué.

    FM : concernant la CAN, le tirage au sort a récemment été effectué, avez-vous un favori à nous donner pour la victoire finale ? Et pouvez-vous nous parler de la concurrence à votre poste en sélection avec Moussa Niakhaté, Abdou Diallo ou encore Kalidou Koulibaly ?

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    AS : ce sont des bons joueurs qui ont déjà prouvé tout au long de leur carrière et maintenant c’est à moi de monter les curseurs pour coller à leur niveau et pour espérer plus. La CAN est un objectif que j’ai en tête, forcément. Avec qui ? Je ne sais pas encore mais c’est un objectif que je me fixe et que j’aimerais réaliser. Pour ce qui est du favori pour la CAN, je n’en ai pas (rires).

    FM : souhaiteriez-vous ajouter quelque chose ? Une anecdote, un message à faire passer ?

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    AS : une anecdote ? Il y en a eu les années passées mais cette année, je n’en ai pas encore, j’attends encore un peu (rires).

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